Le coordinateur de Mix'Art Myrys, Joël Lécussan pour ne pas le nommer, ne m'en voudra pas trop de reprendre un peu de Poivre et de remettre un peu de sel là où il en avait assurément mis déjà suffisamment. Voilà que l'on reparle donc d'Olivier Poivre d'Arvor. Un papier dans le Monde, un autre dans le Figaro, encore un en première page de LibéToulouse. Même France Inter, hier matin avec Vincent Josse s'y est mis.
Déçu, fâché. Et décidé à le faire
savoir, peut-on lire dans le Monde. Olivier Poivre d'Arvor, directeur de
Culturesfrance, l'agence française d'échanges culturels internationaux, n'a pas
apprécié du tout la nomination de Georges-Marc Benamou à la tête de la Villa
Médicis. Dans une lettre à Nicolas Sarkozy, écrite mardi 18 mars et transmise à
la presse dans la foulée, le diplomate use d'un langage fort peu diplomatique
pour dénoncer le choix par le président de son propre conseiller à la culture
pour occuper ce poste prestigieux. Pourquoi donc Olivier Poivre d'Arvor
est-il déçu ? Parce que ça devait être lui. La Villa, c'était pour lui.
Georges-Marc le lui avait promis.
J'ai lu la lettre qu'OPDA a sobrement intitulée "Benamou m'a tué" et publiée sur le site Bibliobs. De larges extraits ont été repris un peu partout. Ne serait-ce que depuis le coup de Times titrant il y a quelques mois sur la mort de la culture française et la vivacité au moins dans la forme avec laquelle OPDA avait cru bon de devoir réagir (publiant un cahier spécial dans la lettre de Culturesfrance, se faisant inviter un peu partout), on connaissait déjà les capacités d'un Poivre à faire jouer ses relations médiatiques. Ce n'est pas là où je veux en venir.
A en croire encore une fois le principal intéressé, il faut savoir mettre de côté sa propre déception. Le plus important dans cette affaire, c'est la manière dont on appréhende la culture, c'est la déontologie avec laquelle un vrai professionnel de la culture devrait faire son métier, c'est la difficulté manifeste de sortir des affaires de pouvoir (Sarkozy lui-même semblait pourtant vouloir faire table rase...). Non décidément, OPDA est un chevalier blanc. Cette nomination provoque au delà de ma personne et dans les milieux professionnels, un sentiment de malaise. Pour preuve, citant toujours dans le Monde les intentions de l'ex-conseiller de profiter de son séjour à Rome pour "revenir à ses activités d'écriture et de cinéma", M. Poivre d'Arvor s'étrangle : "Georges-Marc Benamou semble étrangement confondre la situation de pensionnaire avec la fonction de directeur. Il oublie que cette fonction n'a rien d'honorifique ou de prestigieux mais représente un véritable engagement professionnel à plein temps."
Vraiment, qui pourrait contredire le directeur de Culturesfrance (opérateur délégué des ministères des Affaires étrangères et de la culture et de la communication pour les échanges culturels internationaux, en charge à ce titre de la diffusion de la culture française à l’étranger et de l’organisation des Saisons étrangères en France), l'écrivain, l'essayiste, le philosophe, le diplomate en mission dans de nombreux services culturels à l'étranger, le commissaire général et directeur artistique du projet "Toulouse 2013" qu'il faut, vraiment, savoir se consacrer pleinement à la tache de directeur... ?
Autre question subsidiaire : quand (et où ?) diable OPDA a-t-il pu trouver le temps de rédiger un projet pour son dossier de candidature à... la Villa Médicis ?
Le 24 février 2001 au rendez-vous
lancé par le Couac, répondait une foule en liesse de plus de 10.000 personnes,
déambulant dans les rues de Toulouse dans un défilé-mascarade monstre, festif,
chaleureux, inventif, citoyen, ouvert à tous, un carnaval pirate et politique
qui ne devait rien à la municipalité en place. Le Couac qui réunissait
déjà des structures et des équipes - L’Usine, Mix’Art Myrys, Fédercie
Midi-Pyrénées, le Tactikollectif, Samba Résille, CCA Terre Blanque, la
Grainerie, Pluriel, Guernica, le Collectif des compagnies des arts du cirque,
Utopia et bien d’autres -, avec l’ensemble* des acteurs de cette folle journée
défendait l’idée d’une culture d’utilité publique qui garantisse la liberté de
création, se mêlant déjà de politiques culturelle mais aussi sociale, contre le
pouvoir de l’argent, le mépris des exclus, les fausses promesses, la
dépossession de notre espace vital, le carriérisme arrogant et les « beaux
dis…cours…Baudis Court ! », un refrain bien connu qui revenait alors en
mémoire.