C comme Douste-Blazy
Par Le Couac le jeudi 13 mars 2008, 14:38 - réZone#0 [mars 2008] - Lien permanent
Retour sur un mandat - Episode 1
« La culture c’est ma passion ». Ces mots, ce sont ceux du candidat « PDB » (Philippe Douste-Blazy) aux élections municipales de mars 2001. Il y a sept ans, on pouvait aussi lire dans les propositions du candidat de droite qu’il s’attacherait « tout particulièrement à aider la création, à aider la diffusion artistique, et à rendre la Culture accessible à tous et dans tous les quartiers de Toulouse. Car les équipements les meilleurs, les techniques les plus modernes de diffusion ne sont rien sans les artistes. En un mot, sans une rencontre avec le public ».
« Baudis t'es jeune et beau, tu ressembles à James Dean.
T'as le look d'un héros quand tu te mets en jean.
A poil et bien bronzé quand tu joues au tennis,
Sur ton terrain privé tu sembles Adonis.
Beaux dis…cours… Baudis Court ! »
Zebda, sur un texte de Claude Sicre – 1992
Au cours du mois de février, précédant l’élection, tandis que dans les
colonnes d’Intramuros, le futur maire de Toulouse définissait la culture – avec
un grand C – comme « l’art de transformer une journée de travail en une
journée de vie », le jeune Collectif Urgence d’Acteurs Culturels (Couac)
lançait aux toulousains une invitation généreuse, un tantinet bouffonne et
irrévérencieuse à « tomber les masques ».
Le 24 février 2001 au rendez-vous
lancé par le Couac, répondait une foule en liesse de plus de 10.000 personnes,
déambulant dans les rues de Toulouse dans un défilé-mascarade monstre, festif,
chaleureux, inventif, citoyen, ouvert à tous, un carnaval pirate et politique
qui ne devait rien à la municipalité en place. Le Couac qui réunissait
déjà des structures et des équipes - L’Usine, Mix’Art Myrys, Fédercie
Midi-Pyrénées, le Tactikollectif, Samba Résille, CCA Terre Blanque, la
Grainerie, Pluriel, Guernica, le Collectif des compagnies des arts du cirque,
Utopia et bien d’autres -, avec l’ensemble* des acteurs de cette folle journée
défendait l’idée d’une culture d’utilité publique qui garantisse la liberté de
création, se mêlant déjà de politiques culturelle mais aussi sociale, contre le
pouvoir de l’argent, le mépris des exclus, les fausses promesses, la
dépossession de notre espace vital, le carriérisme arrogant et les « beaux
dis…cours…Baudis Court ! », un refrain bien connu qui revenait alors en
mémoire.
Quand encore le candidat victorieux se proposait d’être « le relais entre les artistes et les initiatives des habitants des quartiers pour soutenir une plus grande audace des rencontres culturelles décentralisées », proposition qui allait selon lui, « dans le sens d’une appropriation de la vie culturelle et artistique par tous les Toulousains, qui pousse à faire de toute la ville un immense espace culturel où chacun pourra s’exprimer », le Couac enregistrait, était là, présent, et enrichissait peu à peu un cahier d’exigences qui serait remis au futur maire, appelant les artistes, les acteurs culturels (on disait alors « associations troupes collectifs »), les populations (on disait alors « individus ») à l’enrichir et s’en saisir. Des rendez-vous étaient déjà donnés pour organiser deux mois plus tard des Etats Généreux de la Culture au Parc des Sports du Bazacle.
Et puis Douste a été élu.
Devant tant de bonne volonté, le Couac ne pouvait que s’empresser de demander un rendez-vous avec monsieur le maire. Pourtant, deux mois et demi après les élections municipales, le Couac n’avait toujours pas de réponse à sa demande de réunion de travail avant l’été.
Il n’en fallait pas plus (ni moins) pour que le Couac décide, par une belle matinée de juin, de se rendre au Conseil Municipal Décentralisé au quartier des Izards et de prendre au mot le 1er magistrat de la ville. Un comité de soutien composé des plus honnêtes citoyens, d’artistes très clean, arborant un discours le plus sincère, brandissant des pancartes à la gloire de l’idole et munis de pétales de fleurs, de confettis et de ballons (parce que c’est la fête !) lui rappela dans la bonne humeur ses promesses. Tandis que les bonnes gens s’affairaient, un groupuscule de gauchistes s’escrima pourtant à gâcher la fête en distribuant des tracts jaunes à l’attention des curieux. On pouvait y lire : « Contrairement à ce qu’il avait annoncé, monsieur le maire ne reçoit pas les compagnies mais renvoie vers Marie Déqué (élue chargée des grands événements). A quand ce rendez-vous avec PDB et ses collaborateurs ? Que fait Jean René Bouscatel et quel rythme de travail a adopté la Commission culture des élus municipaux ? Si « l’instauration de la démocratie toulousaine doit être réalisée » comme le propose PDB, à quand la mise en place d’un Conseil de la culture composé des forces vives de cette ville : artistes, diffuseurs, associations de terrain, amateurs… ? Et à quelles dates se tiendront les Assises de la vie culturelle toulousaine ? »…
Nous sommes en 2008, et à l’heure où nous écrivons ces lignes, les toulousains n’ont pas encore élu leurs conseilleurs municipaux. Une chose est sûre, le prochain maire de Toulouse ne sera pas PDB. Nommé en 2004 ministre de la Santé, il fut remplacé par Jean-Luc Moudenc qui se présente donc pour la première fois en tant que candidat à la mairie de Toulouse. Si l’héritage est lourd à porter, le maire sortant ne pouvait pas éviter la question du bilan. La suite, bientôt...
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