Le Couac se réjouit que Rio Loco fasse l’objet d’un débat nécessaire.
Conscients des enjeux et des conditions dans lesquelles peuvent et doivent
s’affirmer des prises de paroles argumentées et clairement identifiées au sein
de l’espace démocratique, nous nous sommes abstenus jusque là de réagir au coup
par coup pour privilégier une démarche et une parole unitaire, respectueuse des
avis parfois très nuancés de chacun au sein de notre collectif. Les articles et
commentaires parus dans la presse nous amènent aujourd’hui à préciser quelques
éléments.
Le texte « Rio sans Locaux », dont le Couac est co-signataire, a été
rédigé par un ensemble d’acteurs culturels, d’artistes locaux et de citoyens et
non uniquement par le Tactikollectif. Les attaques nourries d'invectives et de
procès d'intention qui se concentrent sur cette structure font glisser le débat
dont le niveau d’exigence tombe malheureusement de plus en plus bas. Nous
dénonçons ces attaques caractérisées par des retournements idéologiques en
affirmant notre solidarité pleine et entière avec l’équipe du Tactikollectif
dont l’honnêteté et l’intégrité ne sauraient être remises en cause.
Ensuite, le texte « Rio Sans Locaux » n’est ni une pétition pour
supprimer Rio Loco, ni un appel pour « quémander » une place dans
cette manifestation. Cet appel est une réponse à des pratiques – le
clientélisme, l’opacité budgétaire, l’effet de vitrine… - sur lesquelles il y a
lieu de s’interroger.
- Nous rappelons que Rio Loco est un festival en régie directe, dont les
salariés sont des employés municipaux. Comme tout acteur bénéficiant de
l’argent public, il est normal d’exiger une transparence quant à sa
gestion.
- Tout en saluant le travail effectué en lien avec les acteurs institutionnels
toulousains, nous réaffirmons qu’il reste grandement insuffisant. Le festival
gagnerait en sens et en qualité à s’appuyer davantage sur le tissu culturel
local, dont la richesse et la diversité semblent être, à la lecture de certains
commentaires, largement sous-estimées (pour être mieux vilipendées). L’équation
local=médiocre est le signe qu’un travail de longue haleine est toujours
nécessaire pour sortir la culture de ses clivages les plus ordinaires.
- Enfin, le festival étant municipal, il est d’autant plus légitime de
questionner sa cohérence dans ses modes de faire comme dans sa programmation,
au regard des volontés d’ouverture, de proximité, d’accessibilité affirmées par
la nouvelle équipe municipale.
A ces interrogations s’en ajoutent d’autres, exposées dans le texte
qui suit . Nous les porterons au débat en organisant une rencontre publique
le lundi 20 juillet à 18h (le lieu sera communiqué ultérieurement). Nous sommes
convaincus que ces discussions, au cours desquelles nous ne manquerons pas de
questionner nos propres pratiques, seront fructueuses pour tous les acteurs
culturels toulousains et au-delà. Nous vous invitons à y venir nombreux.