Le dynamisme et la reconnaissance de Toulouse passera par une offre culturelle élargie, financée et audacieuse. Elle doit profiter à tous les habitants, du centre ville aux quartiers périphériques ainsi qu’à tous les acteurs culturels. A partir de mots clés, voici plusieurs propositions (forcément non exhaustives) aux futurs élus pour aller plus loin et mieux faire.
A comme ambition : les grands évènements ont leur rôle à jouer de par leur capacité à rassembler, à créer de l’imaginaire et du festif. Ils ne doivent pas exclure des actions à plus long terme comme par exemple, le travail en association avec des acteurs locaux, ainsi que des résidences d’artistes ou d’auteurs d’envergure internationale invités non seulement à présenter leurs œuvres mais aussi à partager avec les habitants et les acteurs culturels d’ici.
C comme confiance : il faut redonner une confiance et une place dans la cité aux habitants des quartiers populaires et impulser un tissu culturel autour duquel puissent se réunir de nouveau les habitants de tous les quartiers. En témoigne l’engouement des populations pour les évènements autour des arts d’extérieurs, des arts nomades, des arts engagés et non institutionnels.
C comme conseil des arts et de la culture : il s’agirait d’harmoniser l’offre et les moyens disponibles sur l’ensemble du territoire toulousain, dans une notion de partage et de propositions. Ce conseil dont le principe de renouvellement devra être posé et respecté, réunirait les compagnies et les établissements conventionnés, les représentants d’artistes et d’organisations syndicales, d’acteurs associatifs et de réseaux culturels, des lieux de diffusion, de répétitions, de résidence, d’animation, des secteurs de l’animation sociale et culturelle, d’architectes, etc. Ce conseil des arts et de la culture pourrait être consulté sur toutes les décisions engageant la politique culturelle de la ville.
D comme décloisonner : en s’appuyant sur l’ensemble de l’existant (les projets culturels et socio-culturels et les équipes qui les portent), en mettant en relation élus et réseaux d’acteurs, professionnels et amateurs, personnels municipaux et extra-municipaux, artistes et médiateurs, lieux institutionnels et lieux indépendants, on pourrait espérer que la culture ne soit plus considérée et abordée comme un secteur autonome du reste, comme c’est trop souvent le cas, mais comme le lieu idéal pour décloisonner une société atomisée et repliée sur elle-même.
D comme durable : sans aide à la création et à la diffusion des artistes, il n’y a pas de culture. Ces aides ne peuvent pas être seulement ponctuelles mais s’inscrire, dans le cadre d’une convention, dans la durée si nécessaire. Des aides au fonctionnement devraient aussi permettre à de nouveaux lieux, à des structures de création de taille modeste d’avoir une gestion saine et prévoyante de leurs équipements, condition sine qua non pour qu’elles puissent se réapproprier le travail artistique de fond. L’aide financière doit intervenir dès qu’elle est attribuée.
E comme expérimenter : Avant d’être en haut (de l’affiche), n’est-on pas en bas au préalable ? C’est pourquoi tous les acteurs artistiques doivent être considérés à partir de leur projet, quel que soit leur mode d’expression. Au critère d’excellence artistique, préférons celui d’exigence. Un artiste, peut-être un peu moins « excellent » qu’un autre, pourra être plus intéressant sur son territoire s’il développe d’autres atouts : la sensibilisation, l’éducation artistique, la mise en relation. Il convient de développer et d’aider les lieux d’expérimentation qui soient, entre autres, un banc d’essai pour des groupes, des troupes, des plasticiens, etc. qui, avec leurs créations, ambitionnent de prendre un chemin professionnel.
F comme filières d’enseignement : le but est de favoriser le maillage entre les différents établissements et centres de formation, de la formation initiale aux centres spécialisés jusqu’à l’université et la recherche.

L comme lieux : qu’ils soient indépendants ou associatifs, la ville compte de nombreux lieux qui disposent de salariés compétents. Il est nécessaire de leur donner les moyens de travailler, en termes financiers bien sûr, et de leur laisser la liberté de programmer et de communiquer. Qu’il s’agisse de scènes de proximité et de découverte, d’espaces d’expérimentations et de rencontres, ces lieux doivent être aidés afin d’améliorer les conditions d’accueil du public et des artistes (rémunérés pour leur production). Il s’agirait également d’y faire se rencontrer davantage, mais sans les confondre, pratiques amateurs et professionnelles dans un but d’émulation artistique, de développements des publics en tenant compte des nouvelles conditions d'accès à l'art et à la culture.
O comme offre : l’accès à l’offre culturelle peut être favorisé par une politique de tarifs et d’accompagnement, pas seulement en direction des équipements institutionnels (musées, théâtres, etc.) mais aussi vers les petites structures.
P comme partage : la culture se partage avec l’ensemble des citoyens. Cela suppose de s’intéresser aux pratiques artistiques et culturelles des populations laissées sur le bord de la route. Depuis l’ensemble des cultures urbaines, hip hop, rap, slam, graf’, aux musiques actuelles, contemporaines, improvisées, en passant par le nouveau cirque, les arts d’intervention urbaine, la création audiovisuelle mais aussi les formes hybrides interdisciplinaires ou l’ensemble des pratiques liées aux nouvelles technologies. Il est possible de s’inspirer d’expériences réussies ailleurs, comme les rencontres de la Villette qui conjuguent la prise en compte les pratiques des nouvelles générations, la détection de talents, les passerelles avec les autres arts. Là encore, la vigilance est de mise pour ne pas réduire ces formes d’expression à une culture de seconde zone (« l’Opéra au Capitole, le Hip Hop dans les quartiers »)
R comme répartition : il s’agirait de revoir la carte de la distribution des crédits vers l’ensemble des structures et ainsi avoir le courage de remettre en cause le financement des équipements budgétivores. Une nouvelle répartition des financements publics en faveur des associations constituerait pour elles le bol d’oxygène suffisant et modifierait en profondeur le paysage culturel urbain.
S comme salles : des quartiers doivent être pourvus de salles de spectacle afin de promouvoir la formation, la création et la diffusion. Cela devrait aussi permettre d’encourager des projets transversaux entre acteurs culturels et acteurs sociaux. L’idée serait aussi de former des jeunes des quartiers à des emplois autour de la médiation entre les artistes, les équipes artistiques et les habitants.
à enrichir...
Propositions recueillies à partir des contributions de (liens vers le site du Couac)
- François Fehner (l’Agit) - Pour une culture active, porte-parole de la parole des gens,
- Eric Fourreau (Editions de l’Attribut) - Pierre Cohen, soyez audacieux, réveillez Toulouse !,
- Michel Mathieu (Théâtre de l’Acte/Le Ring) - De quelques observations à l'occasion des municipales,
- Philippe Metz (Music’Halle) - Pour un débat sur la culture à Toulouse,
- Philippe Pagès (Le Bijou) - Donner plus d’intensité à la vie culturelle locale,
remises en forme par Thierry Maillard et Fred Ortuño.
La deuxième collection, celle qui a fait
le plus parler d’elle (des longs articles dans Le Monde, Télérama, des
interviews sur France Culture…), est une série d’essais sur les
politiques publiques de la culture, là encore destinés à un public plus large
que celui des initiés. Pourquoi ? Parce qu’elles sont avant tout traitées
comme des questions de société qui intéressent tout un chacun :
l’éducation artistique des plus jeunes, la démocratisation culturelle, le rôle
d’Internet dans les pratiques des citoyens, etc. Puis les Éditions de
l’Attribut viennent de sortir, dans une nouvelle collection, Culture &
Société – Un lien à recomposer, avec des contributions d’Edgar Morin, Bernard
Stiegler, Alain Touraine, Françoise Benhamou, etc. Cet éditeur engagé est à
l’origine du