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Tag - politique culturelle

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vendredi 17 juillet 2009

Rio Loco : rencontre publique lundi 20 juillet à 18h30

A l'initiative du Couac et des signataires de l'appel Rio Sans Locaux.

RENCONTRE PUBLIQUE SUR RIO LOCO : POLEMIQUE OU VRAI DEBAT ?

Le Couac, Collectif Urgence d'Acteurs Culturels, propose une rencontre publique sur Rio Loco, lundi 20 juillet à 18h30 dans le jardin du musée Saint Raymond, place Saint Sernin.

Cette rencontre est ouverte à tous et aura lieu en présence de Nicole Belloubet, adjointe à la culture.

lundi 29 juin 2009

Rio Loco : changements ou continuité ?


Rio Loco vient de s’achever. Pour faire suite à l’appel «Rio Sans Locaux» porté par des artistes, associations, acteurs culturels dès le mois de mars, et pour alimenter le débat sur le cadre, la portée et l’ambition d’un tel événement (municipal, faut-il le rappeler), le COUAC, Collectif Urgence d’Acteurs Culturels souhaite apporter ces quelques précisions.


Pourquoi se mobiliser

Nous aimons et nous voulons faire la fête. Nous aimons et nous voulons écouter et chanter toutes les musiques… Notre curiosité est grande de sons, de textes, de rythmes, de mélodies, d’images, d’histoires d’ici et d’ailleurs, et d’artistes, poètes, compositeurs, musiciens pour les créer et les transmettre ; de lieux et de moments pour réunir et en faire part au plus grand nombre, dans un mouvement qui peut embrasser à la fois la pensée et l’émotion.
Nous savons que la réussite de tels événements passe par un savant mélange de convivialité, d’exigence artistique et de complicité, par le talent conjugué des artistes et celui du public rassemblé. Par une obstination certaine, de tout instant, tant les résistances sont nombreuses : économiques, sociales, culturelles, éducatives, politiques, générationnelles ou qu’elles soient induites par le désintérêt, la méconnaissance la peur, la solitude, l’habitude, l’enfermement sur soi, etc… Considérer avant autant de respect et d’attention tous les acteurs d’un festival (qu’il s’agisse des artistes, auteurs, équipes techniques, partenaires, publics, bénévoles…) est sans doute la clé de voûte du « succès ».
Un élément d’importance réside encore dans la cohérence travaillée au corps d’une manifestation qui veut « faire événement », autrement dit laisser une trace. Comment ? En précisant son propos : sur quoi veut-elle faire porter l’attention ? Puis en s’en donnant les moyens… Rio Loco (et avant le festival Garonne) annonce depuis des années son attachement « à refléter la richesse et la variété culturelle des pays ou régions du monde invités ». Une promesse aussi large pose nécessairement questions : comment ? pourquoi ? l’objectif est-il atteint ?

Le texte « Rio sans Locaux » qui émane d’un certain nombre d’acteurs culturels et d’artistes, rejoints par d’autres citoyens, n’est ni une pétition pour supprimer purement et simplement Rio Loco, ni un appel pour « quémander » une place dans cette manifestation.

Notre protestation est née d’une lassitude à construire et proposer des croisements interculturels avec les artistes professionnels, les publics et les pratiquants amateurs de cultures d’origines diverses tout au long de l’année, sans que ce travail soit entendu et pris en compte par les organisateurs de Rio Loco en amont du festival. Ces aspects sont, pour eux, considérés comme supplétifs, des prétextes d’animations traités après avoir investi le temps et l’argent pour les grosses productions, en fonction du temps et de l’argent disponible… Si nous nous félicitons au passage que certains artistes que nous avions proposés aient été finalement programmés tout récemment, nos réserves (qui ne datent pas d’aujourd’hui, cf. Le Marathon des Mots) quant aux grands évènements spectaculaires et largement dotés, fonctionnant soit en régie directe, soit principalement financés par la Ville de Toulouse, sont aussi proportionnelles à l’impatience qu’a généré l’absence historique d’une réelle prise en compte du tissu culturel local.

Cette impatience a mûri durant le temps consacré par l’ancienne municipalité à combler certains retards en matière d’équipements. Et les attentes sont toujours vives même si la volonté politique nouvelle qui cherche à s’exprimer dans le déploiement du travail à réaliser est sans doute porteuse de changement.

Les signataires de ce texte adhèrent à cette démarche et sont prêts à participer aux propositions de « métamorphoses » annoncées par la nouvelle équipe municipale : « Les grands évènements existants verront leurs missions redéfinies afin qu’ils soient plus ancrés sur le territoire toulousain et qu’ils travaillent en synergie avec le tissu culturel local » (p14 du projet culturel).
Encore faut-il aller au bout des intentions affirmées.

Quel projet pour Rio Loco ?

« Depuis 1995, la Garonne est chaque année le lieu de rendez-vous pour une semaine de partage populaire et festif sur les berges de la Prairie des Filtres. Associant musiques, spectacles jeune public, arts visuels, cinéma de plein air, gastronomie, artisanat… ce festival international des musiques du monde s’attache à refléter la richesse et la variété culturelle des pays ou régions du monde invité. » (Identité du festival, site web: http://www.rio-loco.org/identite.php).

Un festival de cette ampleur, porté par la municipalité, ne peut réduire sa légitimité ni sur l’importance en nombre du public qu’il mobilise, ni sur le prétexte du « spectaculaire ». Quant au « populaire », l’intention est certainement noble de chercher à en atteindre la complexe réalité, à condition, là encore, de ne pas se payer de mots. La valorisation d’autres cultures et l’ouverture à l’autre ne peuvent se réduire à refléter… une vitrine touristique et/ ou folklorique, même excellente.

Comment est choisie et pensée la thématique du festival ?
A quoi sert ce festival ? A qui sert-il ? Quelle est l’action recherchée sur les publics ?
Comment travaille-t-il avec les artistes, avant, pendant et après ?
Comment nous informe-t-il des conditions de création dans chacun des pays ou régions du monde invité ?
Comment réinterroge-t-il l’économie d’un secteur ? Quelle est son action sur les filières de production ? Comment influence-t-il les professionnels ? les diffuseurs ? les médias ?
Quelle ouverture à la jeune création et aux structures émergentes ?
Quel travail de co-construction avec les acteurs de la cité ?
Ou se situe le travail sur la durée ? Qu’en reste-t-il ?
Que véhicule-t-il comme valeurs ?
Autant de questions que nous souhaitons poser en débat public.

Quels moyens ?

Plus d’un million d’euros, sans compter les coûts de fonctionnement de l’équipe de 9 permanents à l’année, les apports en services techniques et la fameuse « Association des Amis de Rio Loco » !

Toutes les structures (petites ou grandes) qui gèrent de l’argent public sont tenues à la transparence, et heureusement !

Alors pourquoi pas Rio Loco qui est sur une gestion directe Mairie de Toulouse ?
Quelle transparence sur la gestion de l’argent public ?
Quels choix politiques sur les répartitions des coûts ?
Quelles retombées économiques ?
Avec un tel budget, comment se fait-il que les artistes qui se produisent dans les bars soient payés par les bars (quand ils ont les moyens), ou soient payés à l’entrée ou au chapeau ?
Qu’en-est-il de cette association des « Amis de Rio Loco » pour laquelle aucune information ne transparait alors qu’elle est conventionnée par la Ville de Toulouse ?

Dans le même temps, bon nombre d’autres festivals continuent tant mal que bien à défendre des valeurs symboliques fédératrices; continuent d’inventer des projets sur la durée qui visent à transformer les rapports humains et sociaux et continuent de résister à la précarité des moyens avec des budgets qui représentent même pas 1/10ème du budget de Rio Loco. Ceci est dit en mesurant bien et en évitant de tomber dans la caricature qui sous-tendrait que seuls les « petits » festivals sont porteurs de sens, font résonner justement et fortement les enjeux de société, tandis que les « gros » en seraient incapables !
C’est sous cette condition et ce rappel que peuvent donc se poser les questions des choix politiques, de l’équité et des répartitions budgétaires

Changement ou continuité ?

Rio Loco a fait ses choix pour 2009, sans changement manifeste. Nous affirmons les nôtres en refusant de participer à cet évènement qui ne sert pas la démocratie culturelle, au sens de fabrique d’une conception nouvelle ou différente du vivre-ensemble, c’est-à-dire une aventure dont l’émotion, l’altérité, l’expérience, etc, nous modifient.

Nous restons évidemment mobilisés et disponibles pour donner corps à cette ambition d’une culture en mouvement.

jeudi 13 mars 2008

Une politique culturelle ouverte, respectueuse et imaginative, c’est possible

Le dynamisme et la reconnaissance de Toulouse passera par une offre culturelle élargie, financée et audacieuse. Elle doit profiter à tous les habitants, du centre ville aux quartiers périphériques ainsi qu’à tous les acteurs culturels. A partir de mots clés, voici plusieurs propositions (forcément non exhaustives) aux futurs élus pour aller plus loin et mieux faire.

A comme ambition : les grands évènements ont leur rôle à jouer de par leur capacité à rassembler, à créer de l’imaginaire et du festif. Ils ne doivent pas exclure des actions à plus long terme comme par exemple, le travail en association avec des acteurs locaux, ainsi que des résidences d’artistes ou d’auteurs d’envergure internationale invités non seulement à présenter leurs œuvres mais aussi à partager avec les habitants et les acteurs culturels d’ici.

C comme confiance : il faut redonner une confiance et une place dans la cité aux habitants des quartiers populaires et impulser un tissu culturel autour duquel puissent se réunir de nouveau les habitants de tous les quartiers. En témoigne l’engouement des populations pour les évènements autour des arts d’extérieurs, des arts nomades, des arts engagés et non institutionnels.

C comme conseil des arts et de la culture : il s’agirait d’harmoniser l’offre et les moyens disponibles sur l’ensemble du territoire toulousain, dans une notion de partage et de propositions. Ce conseil dont le principe de renouvellement devra être posé et respecté, réunirait les compagnies et les établissements conventionnés, les représentants d’artistes et d’organisations syndicales, d’acteurs associatifs et de réseaux culturels, des lieux de diffusion, de répétitions, de résidence, d’animation, des secteurs de l’animation sociale et culturelle, d’architectes, etc. Ce conseil des arts et de la culture pourrait être consulté sur toutes les décisions engageant la politique culturelle de la ville.

D comme décloisonner : en s’appuyant sur l’ensemble de l’existant (les projets culturels et socio-culturels et les équipes qui les portent), en mettant en relation élus et réseaux d’acteurs, professionnels et amateurs, personnels municipaux et extra-municipaux, artistes et médiateurs, lieux institutionnels et lieux indépendants, on pourrait espérer que la culture ne soit plus considérée et abordée comme un secteur autonome du reste, comme c’est trop souvent le cas, mais comme le lieu idéal pour décloisonner une société atomisée et repliée sur elle-même.

D comme durable : sans aide à la création et à la diffusion des artistes, il n’y a pas de culture. Ces aides ne peuvent pas être seulement ponctuelles mais s’inscrire, dans le cadre d’une convention, dans la durée si nécessaire. Des aides au fonctionnement devraient aussi permettre à de nouveaux lieux, à des structures de création de taille modeste d’avoir une gestion saine et prévoyante de leurs équipements, condition sine qua non pour qu’elles puissent se réapproprier le travail artistique de fond. L’aide financière doit intervenir dès qu’elle est attribuée.

E comme expérimenter : Avant d’être en haut (de l’affiche), n’est-on pas en bas au préalable ? C’est pourquoi tous les acteurs artistiques doivent être considérés à partir de leur projet, quel que soit leur mode d’expression. Au critère d’excellence artistique, préférons celui d’exigence. Un artiste, peut-être un peu moins « excellent » qu’un autre, pourra être plus intéressant sur son territoire s’il développe d’autres atouts : la sensibilisation, l’éducation artistique, la mise en relation. Il convient de développer et d’aider les lieux d’expérimentation qui soient, entre autres, un banc d’essai pour des groupes, des troupes, des plasticiens, etc. qui, avec leurs créations, ambitionnent de prendre un chemin professionnel.

F comme filières d’enseignement : le but est de favoriser le maillage entre les différents établissements et centres de formation, de la formation initiale aux centres spécialisés jusqu’à l’université et la recherche.

I comme ingénieur ?

L comme lieux : qu’ils soient indépendants ou associatifs, la ville compte de nombreux lieux qui disposent de salariés compétents. Il est nécessaire de leur donner les moyens de travailler, en termes financiers bien sûr, et de leur laisser la liberté de programmer et de communiquer. Qu’il s’agisse de scènes de proximité et de découverte, d’espaces d’expérimentations et de rencontres, ces lieux doivent être aidés afin d’améliorer les conditions d’accueil du public et des artistes (rémunérés pour leur production). Il s’agirait également d’y faire se rencontrer davantage, mais sans les confondre, pratiques amateurs et professionnelles dans un but d’émulation artistique, de développements des publics en tenant compte des nouvelles conditions d'accès à l'art et à la culture.

O comme offre : l’accès à l’offre culturelle peut être favorisé par une politique de tarifs et d’accompagnement, pas seulement en direction des équipements institutionnels (musées, théâtres, etc.) mais aussi vers les petites structures.

P comme partage : la culture se partage avec l’ensemble des citoyens. Cela suppose de s’intéresser aux pratiques artistiques et culturelles des populations laissées sur le bord de la route. Depuis l’ensemble des cultures urbaines, hip hop, rap, slam, graf’, aux musiques actuelles, contemporaines, improvisées, en passant par le nouveau cirque, les arts d’intervention urbaine, la création audiovisuelle mais aussi les formes hybrides interdisciplinaires ou l’ensemble des pratiques liées aux nouvelles technologies. Il est possible de s’inspirer d’expériences réussies ailleurs, comme les rencontres de la Villette qui conjuguent la prise en compte les pratiques des nouvelles générations, la détection de talents, les passerelles avec les autres arts. Là encore, la vigilance est de mise pour ne pas réduire ces formes d’expression à une culture de seconde zone (« l’Opéra au Capitole, le Hip Hop dans les quartiers »)

R comme répartition : il s’agirait de revoir la carte de la distribution des crédits vers l’ensemble des structures et ainsi avoir le courage de remettre en cause le financement des équipements budgétivores. Une nouvelle répartition des financements publics en faveur des associations constituerait pour elles le bol d’oxygène suffisant et modifierait en profondeur le paysage culturel urbain.

S comme salles : des quartiers doivent être pourvus de salles de spectacle afin de promouvoir la formation, la création et la diffusion. Cela devrait aussi permettre d’encourager des projets transversaux entre acteurs culturels et acteurs sociaux. L’idée serait aussi de former des jeunes des quartiers à des emplois autour de la médiation entre les artistes, les équipes artistiques et les habitants.

à enrichir...

Propositions recueillies à partir des contributions de (liens vers le site du Couac)

remises en forme par Thierry Maillard et Fred Ortuño.

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